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La Station spatiale internationale

Les pare-chocs de Columbus

Arrimé à l’avant de la Station spatiale internationale (ISS)*, dans le sens de la marche orbitale, le laboratoire européen prend place à l’endroit où les chocs avec les météorites et les objets spatiaux sont les plus violents. Mais Columbus s’est bien préparé…

Vite et fort !

On dit souvent qu’à plusieurs on est plus fort. C’est en tout cas tout spécialement vrai pour Columbus. Le Laboratoire concentre le savoir-faire de 41 sociétés – EADS Astrium en premier lieu, mais aussi Alenia et des entreprises de taille modeste – représentant 14 pays européens, cette capsule dans laquelle les Allemands ont joué un rôle déterminant en la finançant à plus de 40 %, va devoir affronter des conditions de vie très dures. En effet, elle prend place à l’avant de la Station spatiale internationale, là où les chocs avec les micrométéorites sont les plus redoutés. Dans l’espace, où les objets ne sont pas soumis à la résistance de l’atmosphère, c’est à plus de 15 kilomètres par seconde que ces objets viendront percuter le laboratoire. À cette vitesse, le plus petit débris de quelques centimètres contient un potentiel de destruction énorme. D’où la nécessité d’avoir du coffre !

Super-blindage

Sur un poids total en marche de 19 tonnes, Columbus consacre plus de 2 tonnes à l’épais sarcophage qui forme sa carapace et le protège. Ce bouclier, le MDPS (Meteorid and Debris Protection System), a été réalisé par l’entreprise EADS Astrium* dans son établissement de Saint-Médard-en-Jalles, près de Bordeaux. Il est composé de 81 panneaux, de deux genres différents. Il y a d’une part des panneaux simples, disposés sur la face « arrière » du module et sur le cône intérieur, les parties moins exposées où prend place le système d’arrimage à la Station : ce sont des plaques d’aluminium de 1,6 millimètres d’épaisseur. Sur les parties les plus exposées, ce sont cette fois-ci des panneaux doubles qui ont été conçus, composés d’une plaque d’aluminium de 2,5 mm d’épaisseur et d’une plaque elle-même faite de 18 couches différentes de Kevlar renforcé à la résine Epoxy et recouvert de quatre couches de Nextel, un alliage ultra-résistant dérivé de l’aluminium.

Soupape de sécurité

Mais ce n’est pas tout. Car le module Columbus est évidemment pressurisé. Toute « fuite » serait absolument catastrophique. Il faut donc non seulement se protéger des impacts mais aussi de l’énergie produite par ces impacts. Ainsi les ingénieurs ont-ils laissé quelques centimètres de vide entre le blindage et la coque du module. Combinés aux centimètres qui séparent les plaques de blindage elles-mêmes, cet espace vide parvient ainsi à dissiper l’énergie des chocs et à protéger complètement le laboratoire. Qui peut donc foncer tête baissée, emportant dans ses entrailles les 500 expériences annuelles que les scientifiques européens doivent y faire.

 
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