La Station spatiale internationale
Columbus, un antidote à la prise de tête ?
En impesanteur*, tout change. Notre bon vieux cœur par exemple, habitué à pomper pour expédier le sang partout dans notre corps et notamment tout en haut, dans notre cerveau, se met plutôt au ralenti, ce qui pose des problèmes au retour des astronautes sur Terre… Tout cela, il faut pouvoir l’analyser pour préparer l’homme, pourquoi pas, à des séjours bien plus prolongés dans l’espace.
Pas si zen, le grand vide spatial…
Tu l’as compris, le fait de ne plus être soumis à la gravité ne va pas sans réels désagréments. Certes les astronautes ont l’incroyable bonheur de pouvoir flotter dans l’espace mais ils peuvent souffrir aussi de beaucoup de petits maux. N’étant plus soumis à la pesanteur, les muscles s’atrophient, faute d’efforts à fournir, le cœur, qui en est un, à l’unisson. Les globules rouges sont 15 % moins nombreux, phénomène encore inexpliqué, ce qui entraîne un transport de l’oxygène dans le sang moins efficace. Ces modifications physiologiques entraînent des réactions du cerveau parfois anarchiques : ainsi, il pourra déclencher des envies d’uriner fréquentes sans les compenser par la sensation de soif, ce qui peut entraîner de graves désydratations.
L’EPM à la rescousse
C’est là qu’intervient l’EPM, l’European Physiology Modules Facility, un élément phare de Columbus. Concrètement, il s’agit d’une armoire de la taille d’une cabine téléphonique, composée de casiers standardisés aptes à accueillir de multiples expériences. Son objectif est de concentrer toutes les expériences liées à la médecine du vol spatial. Tous les effets de la microgravité sur l’organisme y seront passés au crible, depuis le cardiovasculaire jusqu’aux caractéristiques osseuses en passant par les fonctions respiratoires, immunitaires et neurologiques. L’EPM pourra également recueillir de nombreux échantillons sanguins, salivaires, urinaires qui seront conservés dans le frigo MELFI embarqué à bord du laboratoire américain Destiny.
Comment gérer toutes ces expériences ?
Ioonos a posé la question à Romain Marcout, ingénieur chez EADS Astrium* sur le site de Bordeaux en France, et responsable de l’expérience « DECLIC » qui doit prendre place à bord du module américain Destiny pour étudier les fluides et autres milieux transparents. La réponse tient en un mot : « téléscience ». « Il s’agit de réduire au minimum les actions de l’équipage. Il faut rappeler que seuls trois astronautes sont à ce jour présents en permanence sur l’ISS, avec un travail immense à fournir. Ils ne peuvent donc consacrer plus de quelques pour cent de leur temps à des expériences de ce type. Leur mission consistera donc à installer le dispositif de l’expérience et à remplacer régulièrement les échantillons. Tout le reste, c’est la téléscience qui le mettra en œuvre, depuis la Terre, en commandant des instruments automatisés embarqués à bord. Pour l’EPM, c’est le CADMOS (Centre d’Aide au Développement des activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales), à Toulouse, qui en sera chargé. »
Les fiches
- Une incroyable aventure humaine
- Les dates clés de l'ISS
- Ca sert à quoi l'ISS ?
- L'europe dans l'ISS
- L'ATV ou l'Automated Transfer Vehicle
- Comment fonctionne l'ATV ?
- Columbus, la laboratoire européen de l'espace
- L'animation : le montage de l'ISS
- Les pare-chocs de Columbus
- Columbus, un antidote à la prise de tête ?
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